Les plongeurs de SIDON
Plonger dans le Rhône : ce que voit un scaphandrier
Quand on parle d'immerger du vin, l'image qui vient est celle d'une eau turquoise et d'un plongeur en palmes. Le Rhône, lui, ne ressemble à rien de tout cela. Et c'est précisément ce qui rend l'opération sérieuse.
Un fleuve de travail
Le Rhône est le deuxième fleuve de Méditerranée par son débit. Il charrie des alluvions, il pousse, il ne s'arrête jamais. Sur le fond, la visibilité se compte souvent en dizaines de centimètres — parfois moins. Le scaphandrier ne voit pas son propre matériel : il travaille au toucher, méthodiquement, en tenant la mémoire de ses gestes.
Les archéologues qui ont fouillé le chaland Arles-Rhône 3 ont travaillé sept mois durant dans ces conditions, et ont pourtant conduit une fouille stratigraphique rigoureuse. C'est dire que le métier existe — et qu'il ne s'improvise pas.
Sous l'eau, on ne voit pas. On sait où l'on a mis les mains.
Ce que la loi exige
En France, on ne plonge pas dans un fleuve pour y déposer quelque chose comme on plonge en vacances. Dès lors qu'il s'agit d'un travail, la plongée relève du cadre hyperbare : personnel certifié, procédures écrites, équipes de sécurité, matériel contrôlé, traçabilité des interventions. C'est le sens de la Certification Hyperbare Mention A, qui encadre les interventions professionnelles en milieu subaquatique.
C'est aussi la raison pour laquelle RHODANUS ne confie ni son immersion ni son relevage à des plongeurs de loisir. SIDON, l'entreprise lyonnaise de travaux subaquatiques et hyperbares qui les assure, intervient toute l'année sur le Rhône pour des ouvrages d'art, des barrages, des stations de traitement et des installations industrielles. Le vin n'est, pour ses équipes, qu'une charge de plus — mais une charge que l'on repose exactement là où on l'a prise.
Le repérage, le point le plus délicat
Déposer est facile. Retrouver l'est beaucoup moins. Sur un fond mouvant, sans visibilité, un objet peut s'envaser, dériver, disparaître. Tout l'enjeu tient dans la préparation : le choix du point d'immersion, l'ancrage, le repérage, et la traçabilité de chaque amphore.
Nous ne publions pas les coordonnées de nos points d'immersion, et nous n'en publierons pas. Ce n'est pas une coquetterie : un fond de fleuve accessible à tous ne resterait pas longtemps un lieu de garde.
Ce que le fleuve rend
Au bout de trois mois, les plongeurs redescendent. Ce qui remonte n'est plus tout à fait ce qui est descendu : l'amphore porte les concrétions du fleuve, ses dépôts, sa marque. Chacune est différente, parce que le Rhône ne travaille jamais deux fois de la même façon.
C'est le seul point sur lequel nous acceptons de faire une promesse : l'objet que vous recevrez aura vraiment passé trois mois au fond du fleuve, et de vrais scaphandriers seront allés le chercher.